State Papers, 1647

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History of Parliament Trust

Publication

Author

Thomas Birch (editor)

Year published

1742

Pages

85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92

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'State Papers, 1647', A collection of the State Papers of John Thurloe, volume 1: 1638-1653 (1742), pp. 85-92. URL: http://www.british-history.ac.uk/report.aspx?compid=55239 Date accessed: 01 August 2014.


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State Papers, 1647

Extracts of several letters of monsr. de Montreuil, the French resident in England, to monsr. de Brienne.

10 Janv. 1647. [N. S.]

From the Collection of monsr. de Montreuil's letters in the library of the Abbey of St. Germain at Paris.

J'ai cru, que la premiere chose, que je devois apres le depart de M. de Bellievre, estoit de voir, si le roi de la Gr. Br. avoit pris quelque resolution positive dans ses affaires, asin de me rendre plus capable de le servir. L'aiant done êté trouver pour ce sujet, il m'a fait entendre, qu'il ne donneroit jamais son consentement aux choses, que ses peuples desiroient de lui, non seulement parcequ'il lui seroit honteux, que les menaces de ses ennemis l'eussent obligé de faire ce qu'il avoit refusé aux instances & prieres de ses amis, mais encore parce qu'il croyoit, que ce qu'on demandoit de lui étoit également contre le repos de sa conscience, & contre le bien de ses etats. Il m'a dit ensuite, que ne voiant point en ses trois roiaumes un seul lieu, où il peut demeurer avec seureté, il pensoit de se sauver avant toutes choses; que si cela lui manquoit, il vouloit faire tous ses efforts pour engager l'armée des Ecossois à le conduire en Ecosse; & que quand il n'auroit pû faire ni l'un ni l'autre, il faudroit se resoudre de se retirer à Humby, ainsi que le parlement d'Angleterre l'avoit resolu. Pour ce qui est du dessein de sortir de ses etats, je croy qu'il ne peut rien faire aujourdhui de plus utile pour sa conservation, & que j'eusse même desiré, qu'il y eut pensé au commencement; & il y a long tems. Mais tout ce que j'apprehende est, qu'il ne soit plus possible au dit roi d'executer ce dessein; non seulement parcequ'il est gardé tres etroitement par les Ecossois, & que le parlement d'Angleterre tient plusieurs vaisseaux de guerre à l'embouchure de cette riviere, & y même fait entrer une fregatte pour observer le vaisseau, qui est venu de Hollande pour prendre le dit roi; mais principalement parceque S. M. a laisse à Wil. Moray la conduite de cette entreprise, qui entretenant toujours le dit roi dans l'esperance de se pouvoir sauver, l'empeche en même tems de se servir de ceux, qui pourroient aider à S. M. avec autant d'adresse & plus de sincerité que lui, à l'execution de ce dessein, & l'cloigne de la pensée, qu'il devroit avoir de prendre les autres voyes, qui seroient utiles pour remettre les affaires au meilleur etat, si celle-ci vient à lui manquer.

Pour ce qui est de la resolution du roi de se retirer en Ecosse avec l'armée des Ecossois, s'il ne lui est pas permis de se sauver, il espere d'en recevoir de differents avantages, comme d'etre en lieu, où sa presence pourra donner du cœur à ce qui lui reste d'amis, & les porter à lui rechercher les moiens de le retablir; de se pouvoir sauver plus aisement etant là, que demeurant en Angleterre; de donner sujet à fes deux nations de se brouiller, puisque les Anglois, qui ont arresté que leur roi viendroit à Humby, auroient sujet de le demander à l'Ecosse. Sa dite majesté croit encore, qu'elle ne peut consentir à se retirer en Angleterre, qu'elle ne temoigne, qu'elle est contente des actions des Ecossois, & qu'elle ne donne sujet de penser, qu'elle les quitte des toutes les promesses, qu'ils lui ont faites. De sorte que comme je suis d'une opinion bien differente de la sienne, je n'ai pû m'empêcher de lui temoigner, que je croyois, qu'il est plus à propos pour ses interests de se retirer en Angleterre, où il y a des peuples, qui par un reste d'affection, qu'ils ont pour lui, ou pour la haine qu'ils portent au gouvernement present, sont aussi disposez & plus capables de le servir, que ce qui reste des personnes, qui lui sont sidelles en Ecosse, d'où je croi, qu'il se sauveroit avec autant de peine que d'Angleterre; outre que ne pouvant se resoudre, ni à approuver le convenant, ni à etablir le gouvernement Presbiterial, il me semble, qu'il n'y a rien du tout à se promettre de l'Ecosse; ce qui n'est pas ainsi des Anglois, dont la plus grande partie ne demande ni l'une ni l'autre de ces deux choses. Mais encore comme il est tres certain, que les Ecossois ne veulent pas de querelle avec l'Angleterre, on se doit aussi asseurer, ou qu'ils ne recevront pas leur roi, ou qu'ils le tiendront aussi serré que les Independans desireront, de peur de les irriter.

Cependant comme toutes ces choses, que j'ai representées, n'ont pu toucher le roi de la Gr. Br. j'ai eté obligé de parler aux principaux chess de l'armée, qui sont ici, & principalement à ceux, qui peuvent avoir interest, que les choses, qui se sont passees, quand il est venu les trouver, demeurent secretes; & j'ai essaié de leur faire voir, qu'ils sont obligez de ne pas abandonner leur roi par leur convenant, &c. Mais je ne vois aucune apparence, que ce que je dis, ou ce que font les autres, puisse avoir l'effet que nous desirons. De sorte qu'apparemment il ne reste plus au dit roi, qu'à se retirer à Humby, & j'ai essaie de voir, si S. M. ne jugeroit point à propos de temoigner au parlement d'Angleterre, qu'elle desire de saire d'ellemême, ce qui faudra qu'elle sasse par necessité,—pour temoigner aux Anglois, que les Ecossois lui ayans refusé de le conserver, apres l'avoir engagé à venir vers eux, & lui avoir promis de le defendre, il leur scait gré des offres, qu'ils font de le recevoir en leur pais. Et même qu'il pouvoit faire voir, qu'il seroit bien aise d'y aller presentement; ce qui etant demandé avant que l'argent ait êté donné, & que toutes les affaires soient reglées, pourroit être bien receu des Anglois, & embarasser les Ecossois, qui desirent, que toutes choses soient resolués avant que de se defaire de la personne de leur roi. Mais je ne puis faire agreer ceci à sa dite majesté, qui est resolue, quand tous les commissaires seront arrivez, de preffer les Ecossois de lui conserver la seureté, qu'ils lui ont promise, & de l'amener en Ecosse pour cet effet.

Cependant le dit roi m'a propose deux choses; l'une, que j'eusse à dire hautement, qu'il avoit raison de ne pas etablir le Presbitere, & de ne pas faire les choses, que lui etoient demandées par les Ecossois; & l'autre, qu'il vouloit faire connoitre, comme il etoit venu dans l'armée des Ecossois sur les asseurances de la France, & de montrer l'ecrit, que le roi avoit donné.

Le roi de la Gr. Br. fit la premiere de ces deux propositions à M. de Bellievre, qui lui dit, qu'etant sur le point de partir, il publieroit volontiers ce qu'il desiroit. Mais qu'il ne trouvoit pas, qu'il fut si à propos, que je sisse le même; parceque comme S. M. croioit, que je pouvois rendre quelque service, il ne faloit pas que je donnasse d'abord sujet aux Ecossois de penser de m'eloigner de sa personne, comme ils auroient sujet de le faire, si je faisois voir que je trouvois de l'injustice dans leurs demandes, & que j'empêche leur roi de leur donner satisfaction.

J'ai cru qu'il n'étoit point à propos de faire cette declaration publique, mais que c'étoit assez de dire, que le convenant & les autres choses, que les Ecossois vouloient avoir aujourdhui, n'avoient point été demandées par eux, quand ils l'ont fait venir en leur armée. Ce qui montre l'injustice, que commettent les Ecossois, en voulant obtenir les choses, qu'ils n'avoient point desirées, & le droit qu'a le roi d'Angleterre de leur resuser ce, qu'ils lui ont même promis de ne lui pas demander. Ce qu'il me semble que le dit roi a fort bien pris.

Pour ce qui est de la pensée de faire voir l'assurance, que je lui ai donné, je n'ai point fait de difficulté, que le chev. Moray n'ait contribué à la lui faire prendre, pour estaier qu'il ne se parle pas des siennes, & faire que la France paroisse chargée de tout le mal que font les Ecossois. J'ai donc taché de faire connoitre au roi de la Gr. Br. comme il etoit bien plus à propos de fair voir les promesses, que les Ecossois avoient données à la France, que celles qu'elle lui a faites; puis qu'il à plus de droit de presser les Ecossois de tenir la parole, qu'ils ont donnée par écrit, & ce qu'ils ont toujours promis de garder, jusques à ce qu'ils soit arrivé dans leur armée, que la France, dont les ministres l'ont averti avec autant de fidelité que de soin des mauvaises volontez des Ecossois, & du peu d'asseurance qu'il devoit mettre en leur parole. Le roi de la Gr. Br. m'a temoigné, qu'il approuvoit ce que je lui disois, & qu'il en useroit de cette sorte.

Les Ecossois ont bien taché par Wil. Moray, et le cheval. de faire que le roi de la Gr. Br. n'en vint pas jusques là, en lui representant qu'il ne retireroit aucun avantage de cet eclaircissement, que de metre en peine deux ou trois personnes, qui ont essaié de le servir.

Les Ecossois ont envoié ici le comte de Traquaire, qui a autrefois été tres bien avec le roi de le Gr. Br. pour l'asseurer, qu'il sera retabli en Ecosse & en Angleterre, s'il fait ce que les Ecossois desirent de lui; & on m'a même promis des grandes recompenses, si j'y voulois disposer le dit roi.

Vous me permettrez encore, monsieur, d'ajouter deux choses; l'une qu'un barbier, que Wil. Moray emploioit pour menager la sortie du dit roi, a decouvert tout ce que le dit Wil. Moray lui avoit fié & cependant qu'il ne s'en fait aucune poursuite contre le dit Moray; ainsi qu'il se devroit au moins par bienseance. Ainsi, monsieur, je n'ai aucune esperance; qu'il puisse arriver de bon de tout ceci. L'autre est, que depuis que ceci a été decouvert, le comte Dumferlin a offert au dit roi de la faire echapper, & de se retirer avec lui. Mais le soin, qu'il a pris de ma conservation, lorsque je ne suis nullement en danger, en disant au roi, qu'il faut qu'il m'amene, que je ne suis pas en seureté s'il me laisse ici apres lui, me fait douter de la sincerité de ses intentions.

27 Janv. 1647. [N. S.]

Je vous dirai seulement, que j'avois suplié le roi d'Angl. de ne pas faire les demandes; que vous trouverez dans son billet du 14 Janv. qui ne lui pouvoient servir, qu'à faire voir sans aucun fruit la passion qu'il a d'aller en Ecosse.—Il n'est pas de mon opinion, mais croit au contraire, qu'il saut qu'il paroisse n'etre pas brouillé avec l'Ecosse. Je lui ai representé la difficulté de persuader aux Anglois une chose si eloignée de toute apparence, & le peu de fruit qu'il en recevroit. Mais je n'ai rien prosité, si non qu'au lieu que sa dite majesté me pressoit il y a quelques jours de faire des declarations publiques contre la violence & l'insidelité des Ecossois, il desire aujourdhui, que j'en use plus moderement. Il pense toujours à se sauver, ce que je trouve tous les jours plus difficile, & maintenant presque hors de toute possibilité, si ce n'est que les Ecossois aiment mieux de le voir hors de ses roiaumes, qu'entre les mains des independans.

3 Febr. 1647. [N.S.]

Le roi d' Ang. continue toujours dans la resolution de ne dire aucune chose, qui puisse être au desavantage des Ecossois, & qui puisse faire connoitre, qu'il n'est pas bien avec eux; quelque hardiesse qu'ils aient eüe de lui reprocher par la declaration, que je vous envoie, de leur avoir manqué parole, & de l'accuser du crime, qu'ils ont eux mêmes commis, & quelque avantage, que le roi puisse donner à ses ennemis par son silence.

S. M. m'a fait connoitre, que le chev. Moray, pour l'obliger à ne point decouvrir une chose, qui pourroit en même tems perdre son honneur & ruiner sa fortune, s'etoit offert à reparer les choses passees par quelque signale service, & lui avoit promis de le tirer d' Humby, s'il avoit l'honneur de l'y suivre. De sorte que le dit roi a été empêché par là de faire sçavoir les choses, qui se sont passees, de peur qu'elles otassent au chev. Moray le moien de l' accompagner, & d' executer les promesses qu'il a faites. Ceci m'a fait voir, qu'il ne faut pas esperer, qu'il se fauve de Newcastel, & qu'il sera bien difficile encore, qu'il le puisse faire à Humby, puis qu'il se met pour cela entre les mains d' une personne, qui n'agissant que par les mouvements, que lui donne le parlement d' Ecosse, ne le portera point à se sauver, qu' autant qu'il croira que son evasion pourra être avantageuse aux Ecossois & prejudiciable à sa majesté.

J'ai tiré parole bien formelle du dit roi, qu'en tenant secretes les promesses, qu'il a receües des Ecossois, il ne parlera jamais de celles que je lui ai données à Oxfort, sur lesquelles il scait & a reconnu, qu'il n'est pas venu en cette armée; ce que j'ai cru à propos de lui dire, parceque je ne doute point, que les Ecossois aprés s'être mis à couvert, & avoir porté le roi d'Angl. a cacher leur manquement de parole, essaieront de faire eclater les offices, que la France a faits pour eux, tant pour la charger, s'il etoit possible, de leur mauvais procedé, que pour faire, qu'elle ait sujet de se plaindre de leur roi.

De Newcastle, 12 Febr. 1647. [N.S.]

Les comtes de Lauderdail & de Traquaire ayans été deputez du parlement d' Ecosse à Newcastel, ont pressé le roi avec plus d'ardeur que de coutume de vouloir etablir le presbitere, & approuver le convenant, & lui on offert moiennant cela de le conduire à Berwick, & de faire que les Anglois se contenteroient des choses, que Wil. Moray leur a promises de la part de S. M. J'ai trouvé le dit roi tout à fait confirmé apres avoir receu les lettres de la reine d' Angl. dans la resolution qu'il avoit prise de ne le pas faire. Mais les Ecossois n'ont point fait de difficulté de m' offrir jusqu' à vint mille Jacobus, aussitot que leur roi auroit seulement promis de faire ce qu'ils desiroient.

Le roi donc persistant toujours en sa resolution de n' accorder ni le presbitere ni le convenant, les deputez d' Angl. seulement le Mardi 26 Jan. bien qu'ils sussent arrivez dés le samedi precedent, lui dirent, qu'ils avoient été chvoiez à Newcastle par le parlement d' Angleterre pour le recevoir pour l'accompagner à Humby, & pour le servir durant le voiage. Le roi leur fit reponse, que le peu qu'ils lui disoient etoit d' assez grande importance pour y penser avant que d' y repondre; ce qu'il seroit dans un ou deux jours.

Il envoit donc querir le jeudi les commissaires d'Ecosse, & leur dit, qu'il ne pouvoit repondre aux Anglois, qui le venoient recevoir, qu'il ne sceut d'eux premierement, s'ils avoient dessein de le rendre; ce qu'ils lui firent entendre que leur parlement avoit resolu.

Il fit appeller ensuite les deputez du parlement d' Angleterre, avec lesquels il arresta de partir d'ici Mecredi 3/13 Fevr.—Cependant le roi garda toujours le temperament, qu'il s'etoit proposé, c'est à dire, qu'il ne leur dit aucune chose, qui pût ou desobliger les Ecossois, ou obliger ses sujets d' Angleterre, evitant egalement de leur temoigner, qu'il attendoit d'eux aucun bon traittement, ou qu'il en avoit receu aucun mauvais des Ecossois.

Ce roi eut deu, ce me semble, agir autrement, puisqu'au moins l'apprehension, qu'eussent eüe les Ecossois de l'union de leur roi avec les independans, & la crainte qu' eussent eu le chev. Moray & son cousin de voir decouvrir ce qu'ils avoient fait pour le faire venir en l'armée d' Ecosse, eust pu obliger ces derniers à entreprendre de le retirer de Newcastel, & les autres à le leur permettre.

Et quelque sujet qu' ait ce prince de réconnoitre, que les sieurs Moray en lui offrant de lui aider à se sauver, l'ont empêché de le faire, il ne laisse pas de croire, qu'ils seront pour lui, quand il sera entre les mains de leurs ennemis, ce qu'ils ont resuse de faire, quand ils l'avoient avec eux, & que ce qu'ils eussent fait pour son service eut pû être utile à leurs interests; de forte que non seulement il ne les peut pas choquer pour cette raison, mais qu'il a arresté, que le commerce de ses lettres, & de celles de la reine sa femme, s'entretiendra deformais par leur moien.

Bien que eusse desiré, que le roi se sut moins sié à ces personnes, qui le trompent si visiblement, & eut été un peu plus sensible aux injures qu'il en recoit, j'ai au moins tiré cet avantage de l'extreme bonté, qu'il a pour cux, que je me suis veu obligé par necessité ce que peusse fait par le commandement de L.L. M.M. si je l'eusse plutot receu dans les lettres de M. de Bellievre; c'est à dire, de passer les choses sans bruit, & de ne pas rompre avec les Ecossois. Le dit roi a desiré de moi avec instance ce, qui m'avoit été commandé de faire même fans son consentement. Il m'a semblé, que je ne pourrois eviter le blame des amis du dit roi, le voiant livrer fans dire seulement une parole, si je ne me faifois imposer silence par lui même, ce que je ne me suis pas contenté de me faire dire de bouche par le dit roi, mais que j'ai tiré encore de lui par un ecrit.

J'ai aussi pris sujet de retirer les asseurances, que je lui avois données à Oxfort, quelque reconnoissance que j'eusse tirée de lui par ecrit, qu'il n'etoit pas venu pour cela, & quelque parole qu'il n'eut donnée de ne la faire jamais voir. J'ai, dis je, jugé à propos de retirer ce papier des mains de sa M. parceque j'ai decouvert par les discours mêmes du roi, que les Ecossois ne se contentans pas, qu'il ne dit rien de la promesse qu'ils ont violée si lachement, essaioient de le porter à faire bruit de celle qu'il avoit de moi.

Le roi de la Gr. Br. n'a pas perdu de tems pour donner ordre à ses affaires. Ce qu'il mande à la reine de plus considerable, est, qu'elle n'ajoute pas soy à toutes les choses, quilui seront dites de sa part, s'il ne lui envoie pour plus grande seureté quelqu'un pour apprendre ses intentions, & qu'elle ne laisse pas venir le prince son fils en Angleterre, quelques menaces ou quelques prieres que lui soient saites. Il l'asseure de la resolution, qu'il a prise de ne rien faire du tout qu'il ne se voie dans une entiere liberté. Et sur ce que je lui ai representé, qu'il sembloit, que si ses sujets se contentoient de ce qu'il avoit offert aux Ecossois, (ce qu'il y a toutesfois peu de sujet d'esperer) il ne devroit pas s'arrester à cette sormalité. Il m'a fait response, qu'il ne laisseroit pas de leur donner de bonnes paroles, & de leur faire naitre l'esperance d'obtenir ce qu'ils desiroient de lui, lorsqu'il seroit en liberté. Je l'ai presse encore à ecrire au prince son fils, pour lui defendre de sortir de France, avant qu'il le vist en liberté ce qu'il m'a bien promis de faire. Une lettre m'est tombée entre les mains, par laquelle je voy que les Espagnols desirent avoir le prince de Galles. Les Anglois du parti du roi, & particulierement les catholiques, sont priez de le leur donner.

De Edinbourgh, 5 Mars 1647. [N. S.]

La nouvelle addition, que le roi de la Gr. Br. a fait de quelques seign. au conseil des sinances de ce roiaume, & qui ote au tresorier le comte de Craufort, beau frere du duc d'Hamilton, en saveur des Argiles, toute l'autorité qu'il avoit auparavant, fait ici beaucoup de bruit. Mais il n'aura servi qu'a offenser le parti du duc d' Hamilton sans obliger celui du marq. d'Argile, & à faire payer les comtes de Traquaire & de Dumserlin, Wil. Moray, & quelquesautres, des dons, qu'ils se sont faits faire par sa dite majesté, quand elle est partie de Newcastle.

D'Edinbourg, 2 Avril, 1647. [N.S.]

On arresta dans ce parlement [d' Ecosse] samedi dernier ceux, qui devoient être du committé, qui gouverne les affaires du ce roiaume en l'absence du parlement. Les Hamiltons temoignent être fort satisfaits du choix, qui a eté fait.—Je vous dirai celle seule particularité, que le mar. de Traquaire a eté un de ceux, qui ont été choisis sans aucune contradiction, ce qu'il sera bon de faire scavoir à la reine d' Angl. asin qu'elle voye comme le roi son mari n'a pas eu toutes les raisons du monde de le croire attaché à ses interests, ainsi que S. M. m'a temoigné diverses sois, & encore quand je l'ai quitté.

Letter from general David Leslie,—directed thus:

For the right honourable the lords and others commissioners of the high court of parliament: Or, to the right honourable the committee of estates. Orig.

From the public records of Scotland in the laigh parliament house at Edinburgh.

Right honorable,
Since my last to your lordships, wherein I acquainted yow with the reduceing of Strathbogy, I have now thought fitt to give your lordships this further accompt of my proceedings; that after I had secured that place in manner exprest in my former I marcht with the army, and appointed G. M. Holburne with some horse and dragounes, and thrie regiments of foot, to lye doun before Wardhous: the rest of the army was employed about the house of Lesmoir. Upon 25th instant Wardhous was reduced without much disput, wherein were fourtein Irish and a captain; all which I caused be putt to death, and lest a serjant there with tuenty fyve men. Two days thereafter I took in the house of Lesmoir, a place of considerable strenth, and compassed with water. After the water was diverted, and the closs gained, with the losse of two or three men, and some wounded, they burned the low houses, and betook themselves to the towr; and finding that the place could not be carried without the losse of men, and bestowing much tyme, I conceaved it most for the advantage and spreading of the service, upon a parlye offered by the captain, to agree with them upon these conditions; that he should yeeld up the house, and all that therein wes: that all the Irish should dye, and his owen lyfe with Harthill the elder should be spared; but they both to be prissoners, untill they satisfied church and state; otherwise to be banished the kingdome. So I caused hang 27 Irish: the captain and Lesmoir with two or three Scottsmen, poor sojers, more I have prisoners. Wherein I have done any thing amisse, by spareing their lyves, I desire your lordships possitive and peremptory orders in tyme comeing, that I may rule myself accordingly. And because the houses and holds in this countrey, which have been formerly guarisoned, will but occasion new troubles, if they be not slighted, I shall lykwyse desire your lordships ordors for ruining and rendering them unprofitable.

My intelligence of the enemy bears, that they are at the head of Donwater, where they are doeing what they can to draw together forces; but for preventing of their doun falling upon the Mearnes and Angus, I will send three troups for secureing of these parts, with the generall commissarye's troop, which I shall lykewyse draw out; and with the rest I shall prosecute the busines with all the care and fidelity that can be, leaveing no opportuny of advantage.

The morrow being the Lord's day, upon Moonday, God willing, I intend to move to the Boog; for that place being secured, there will be no more places of consequence but Loch Cammure (whereof I shall endeavor to give your lordships as speedy accompt as can be;) and so the countrey will be eased of the burthens and danger of garisons, and the passage made free.

Haveing receaved this enclosed, I thought it necessar to communicat the same to your lordships, and show yow, that I have sent a protection to Alexander Makronald (he submitting himself to your lordships, and conforming himself to publict orders) and a passe to repair to me. And I shall earnestly desire to be directed by your lordships, how to deall with him, when he shall come to me, that I may so behave myself, as may be most for your lordships contentment and setling the peace of that countrey.

I have been earnestly desyred by Lues Gordon, that he might be permitted to send two gentlemen to your lordships, to offer yow what satisfaction shall be required; and untill your lordships further pleasure were known, to grant him protection from all violence for 20 days or a month. He hes given assurance and his hand upon word of honor, that he shall doe no act of hostility, nor keep correspondence with the enemy dureing that space. And in reguard he is no person excepted, I have thereto agreed for that tyme, and expect your lordships resolutions, how I shall further proceed therein. And now because this part of the countrey, formerly under subjection and contributing to the enemy, is not wasted, but able to afoord reasonable proportion towards the mantenance of the army, I shall offer to your lordships consideration, if it might not bear a share of the burthens, now being releeved of the enemy; and if it were not expedient to appoint the collectors thereof. This is all at present can be sayid by

Lesmoir, 27th March, 2647.

Your lordships most faithefooll,
David Leslie.

Extract of a letter of monsr. de Montreuil to monsr. de Brienne.

D'Edinbourg, 16 Avril, 1647. [N. S.]

From the Collection of monsr. de Montreuil's letters in the library of the Abbey of St. Germain at Paris.

Les charges dont le roi a disposées, et les pensions qu'il a données pendant son sejour à Newcastle, sont demeurées à ceux, qu'il en a voulu gratifier, parce qu'aiant fait des dons presqu' à tous les chess des deux factions, ils se sont trouvez avoir tous même interest à maintenir ce qu'il avoit fait.

Letter from general Leslie,—directed thus:

To the right honourable the lords and others of the committee of estates at Edinburgh. Orig.

From the public records of Scotland in the laigh parliament house at Edinburgh.

May it please your lordships,
Yesterday immediately after my letter sent your lordships by George Abercomby, understanding the rebells were lyeing in Stradoun on the water of Owen, I marched thither with as much speed as the way could admitt of throw strait and rocky passages; and after a long and tedious march, without halting, wee hunted them to such holds, as it was altogether impossible either to stay there with our cavallary, or to doe them any dissadvantage at all, in reguard of the nature of the place, which was inaccessable. Whereupon wee were forced to seek some shelter for our horses that night at Ruthven; and now this day I have divided the forces, for the greater expedition of your service, as I humbly conceave. The two Hieland regiments and six troops I take with myself to the Ruthven in Badinoch, to be master of that place; with six troops more and the rest of the regiments, gen. ma. (fn. 1) Midl. is going to the Croemar, to attend their motions, and prevent their doun falling; for their prisoners and the countrey people enforme us, they are not thrie or four hunder horse and foot. If it shall please God to blisse us, that wee destroy and dissipat them, your lordships wold be pleased to think upon the setling of a few guarisons in the places of greatest advantage; without the which it will be hard to secure the peace of those parts. I have no further accompt to give your lordships since yesterday; onlie give me leave againe to remember your lordships of the armyes moneths pay, in regard of the hardship they have had since they came to those parts, and are lyke to sustaine much more. I am

Ruthven 8th Ap. 1647.

Your lordships most humble servant,
David Leslie.

Extracts of several letters of monsr. de Montrueil to monsr. de Brienne.

D'Edinbourg, 26 Avr. 1647. [N. S.]

From the collection of M. de Montreuil's letters in the library of the abbey of St. Germain at Paris.

Wil Moray n'est pas encore parti; il parle toujours d'aller en France par la Hollande.

Le comte de Lanerik m'a fait dire par un de ses amis, qu'il seroit bien aise d'avoir quelque marque de dependance de la France; & que si on lui vouloit donner quelque pension, il essaieroit de la meriter par ses services, & la prendroit quand elle ne seroit que de trois mil livres.

D'Edinbourg, 22 Juin, 1647. [N.S.]

Le duc d'Hamilton envoie le S. Robert Leslay (frere du general David Leslay) vers le roi d'Angl. pour apprendre l'etat, où il se trouve presentement. Le dit Robert est parti cette nuit.

D'Edinbourg, 29 Juin, 1947. [N. S.]

Je croy, que tout le bien, que les Ecossois peuvent faire au dit roi, est de ne s'entremettre pas de ses affaires, & que le prince ne court pas plus grand danger, que quand il laisse approcher de lui un Ecossois.

Letter from generall Leslie, — directed thus:

To the right honorable the lords and others of the committee of estates at Edinburgh.

From the public records of Scotland in the laigh parliament house at Edinburgh.

Right honorable,
It pleased God immediatly after the wryteing of my last fra Giga, of the 23 of this instant to your lordships, at which tyme wee boated there, to afford ws a seasonable day; so that before sun sett, the most part of us touched at Jura. The boats with the horse croseing the mouth of the sound of Yla, and rowing alongst the coast by reason of a storme, did anchor at an ysland some two pair aff shore. That night the weather proved so tempestous, that not onlie diverse vessels fell behind, and could not get up the length of Jura, but even the boats with the foot lying there could not set fwrth fra thense over the Sound; so that it was 12 of the clock next day, before they did fetch this shoare; where at last with great difficulties, not by opposition, but by reson of evil weather, wee all landed. A partie of horse advanceing four myles wp the countrie to Downneibog the place before, which being a very considerable and a strong place weell furnished, rancowntring some foot there, killed 4 or 5, and took some prisoners, from whom wee learned, that Alaster 16 days ago went to Ireland, caryeing with him all the best of the gentilmen of this yle, with a number of the ablest of the cwntrie peopl, and the two comissioners formerlie sent to Cott fra Kintyre, leaveing behind him in this fort his father and brother, with an 100 Irishes, and als manie cuntrie men, and in the wther fort within Loghgarram the lyk number, with an wther brother; at parteing promiseing and swearing to his father, as he was his son, or expected a blissing, shortlie to releave him; which in all probabilitie is likely, the former number of Irishes I wrote formerlie of to your lordships (reported heir to be 4000) beeng redy to come ever; so that the few foot, and handfull of horse wee have, are a very inconsiderable number; especiallie so many hardships alredy attending them. Wherefor intreats your lordships with all possible diligence to furnish ws both with all sort of materials requisite for our defence, and redweeing of two such strenths as thir ar; and also to hasten hither with all expedition some victwall for the sojors, the quantitie alredy sent being not onlie distribute amongst them, but given also to all the boatmen heir, to whom I am forced to give money, meall, and wse all means for keeping them together, who neverthelesse steal away daylie; as likewise to cause these boats designed fra the west presentlie to come to Loghtarbet, to transport the horse; and to command boats fra Portpatrick, where I am informed their be diverse good ores able to transport twelve horse at once, the best wee have not able to contain above four. Your lordships will be pleased also to command some ships of warre to this coast, both for gwardeing our provision hither, and also for strengthning them heir already too few to rancownter or deall with the nwmber appoynted and expected to come fra Yreland; for if our enemies should be masters by sea, lett small subsistance by land be expected. The greatest hopes wee had before comeing heir was, to have found store of cattell for our mentinance, whereof we ar altogether deceaved, the rebells and countriemen having neir wasted and destroyed all; so that I am confident your lordships ar sensible of our wants. At our first advance, I summoned the fort after this manner, and haveing receaved the inclosed answer, so that there is nothing can be expected or had but by force of armes; wherfor, I once more humblie intreat all expedition may be made for swpplyeing ws with victuals, ammunition, canon, and all sort of materials for reduceing the samyn, least the remnant of this sumer should be spent heir, and our intendid voyage thereby srwstrat. Thus giving your lordships notice of the straits we ar in, and condition wherein wee ar likely to bee, can do noe more but desyre a speedie supplie of the forsaid necessars, least the want thereof both force ws to qwyte the same, which will asswredlie prove a pest afterward to the whole kingdome, and occasion the rest of the yles (whose reducing consists in the speedie gaining of this) to stand out, and make greater opposition, whereby the service will be retardet, and the kingdome be subject to undergoe an infinite dale of charges; the preventing whereof is earnestlie reqweisted and intreated for by

From before Downneibog, the 25 of June 1647.

Your lordships most humble, faithfull,
and obedient servant,
David Leslie.

Becawse I think hardlie this yle or anie wthers can be broght to obedience without totallie ruine of them, I thoght it my duetie to desyre your lordships order by this bearer, what yow will command me to doe therein.

Their ar onlie three boats from the Lowlands come hither yet, and these comanded furth of Saltcoats by my lord Mongomerie.

David Leslie.

Letter from generall Leslie, — directed thus:

For the right honorable the committee of estates. Orig.

From the public records of Scotland in the laigh parliament house at Edinburgh.

May it please your lordships,
Upon Fryday John Kennady came to this place with the twa moneths pay for the forces heir; and, according to his desyre they were mwstered, but without deduction of qwarterings, in regard there is yet a moneth resting in arrear; out of the which month and the moneys that will aryse heirafter to be due, the quartering or anie thing receaved in the cuntrie may be deduced. And I must crave leave to shew your lordships, that it was verie hard and wnwsewall to have (fn. 2) astructed ws to a muster now after three moneths faylour of payment, and that diverse soldiors were killed and wounded in the service, to whom the officers had swrnished moneys in their extreamities. I shall lykewise desire your lordships to remember the swfferings of your forces this whyle bygane; and for their better swbsistance, and fwrther incuragement to lay downe some more effectwal way for their tymelie payment then wee have yet found; for so long as the collectors of the mentinance, and fermorers of the excyse (the onlie means appoynted for mentinance of the armie) doe fayl in giveing in their proportions, the thesawrer cannot be enabled to give ws satisfaction in due tyme. I shall earnestlie their for desire your lordships to take notice of the enclosed paper, which he hes sent me, whereby your lordships will perceave the difference of the severall places swbject in payment of mentinance, and to harken to such propositions, as shall be made by him for remeading thereof in tyme comeing. Haveing long wayted for the moneys, and not being yet fwrnished with meall, or provyded sufficientlie of boatts, wee have removed from this place to Loghtarbet (leaft the service shold suffer be delay) with the few boats wee have, tho not so manie as will carie over the half of those I wold take with me, and bot ane hundreth horse to set over to Yla, giveing the bwssinesse a hazard, and committing all to God. And now that the better part of the armie will be ingaged in those imployments in Yla, your lordships wold consider how necessar it is for our preservation, that wee be better attendid with warr schips, least the Irish shold interpryse anie thing against us by sea or land, or both the wayes. One thing I must beg of your lordships, as a testimonie of your respects, that yow wold be pleased to wryte favorablie to the qween of Sweden, desyreing her majestie to call to mynd my fidellitie in her services, and take into her princelie consideration anie of my concernements in the interest of that pention, which her majestie bestowed wpon me; for the obtaining wheirof I have sent William Frere expresse, whom your lordships wold be pleased to accompanie with your effectwall recomendation. This is all I have to say for the present, and remains

Your lordships most humble servant,
David Leslie.

Footnotes

1 I suppose for Middleton.
2 So orig. for astricted.